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Le blues d'un propriétaire de galerie

Publié par Camille Cazin le

Aujourd'hui, j'ai voulu partager mon expérience de nouvel entrepreneur après ma première exposition. Tous les points positifs mais aussi ce qui est peut-être moins visible sur les réseaux sociaux: Stress, questionnement… Retour sur ce que j’ai appris en tant que femme et en tant que galeriste.  

Quand j'ai discuté avec Dominique de l'idée d'une exposition, je n'ai pas sous-estimé la quantité de travail à faire. Je n'ai pas non plus surestimé nos capacités, j'ai donc bien géré mes attentes vis-à-vis du succès potentiel de cette nouvelle aventure.  

La préparation de cette exposition a pris environ neuf mois, une grossesse en quelque sorte! Organisation, financement, communication, relations publiques: nous avons tout fait. Nous avons partagé les tâches, affronté tous les problèmes inattendus, nous avons travaillé dur, encore et encore, jusqu'à la «livraison».

Résultat: une belle exposition dans un superbe emplacement, 13 artistes féminines talentueuses, 150 participantes à l'ouverture, 4 articles de presse, plusieurs ventes d'œuvres d'art et de multiples opportunités.

Nous avions de quoi être fiers mais… Quelques semaines plus tard, ce qui flottait dans nos esprits était: ET QUOI?

Je n'ai vu que les opportunités d'amélioration et je ne pouvais pas être content de ce que nous avons accompli. Je remettais en question nos choix; Je perdais confiance en regardant tout ce travail encore devant nous. Pire encore, je doutais du style de vie global que j'avais choisi pour moi-même.

POURQUOI étais-je devenu si pessimiste? 

Pendant des mois, j'ai vécu avec un sentiment d'urgence permanent, et du coup, tout s'est arrêté, d'un seul coup! 

Tout d'abord, l'adrénaline baisse!

Cette adrénaline qui vous aide à affronter ces périodes intenses; Cette adrénaline qui vous fait continuer malgré les barrages routiers et la fatigue… Ce nouveau meilleur ami part comme ça, sans préavis! Mon corps et ma tête ont dû apprendre à gérer cela.

Ensuite, la notion de temps change…

Pendant plusieurs mois, j'ai vécu avec un sentiment d'urgence permanent: aborder les questions de nos artistes, gérer la communication, se faire connaître par cette personne que je voulais inviter pour le vernissage. Tout à coup, tout s'arrête et tous les questionnements que j'avais mis de côté réapparaissent. Tout ce questionnement est en quelque sorte sain, cependant passer de l'action à l'introspection est assez sensible.

Enfin, perdre de vue la différence entre mon entreprise et moi-même.

Je suis le co-fondateur de Fatale Art: j'ai aussi un travail créatif dans les médias et la publicité, je suis une amie, une amante, une fille et une sœur, mais avant tout je suis Camille Cazin, et j'étais à propos oublier tout ça. Pendant tous ces mois d'excitation, j'avais oublié de conserver et de profiter d'un peu de temps pour moi, de me nourrir spirituellement autrement que par l'art ou le travail Fatale.

Bien qu'il soit difficile de trouver le bon équilibre, il est encore plus difficile à maintenir. 

Être entrepreneur demande beaucoup d'énergie et d'efforts, et même s'il est difficile de trouver le bon équilibre, c'est encore plus difficile à maintenir. Seuls les concepts de bon sens, comme «prendre soin de soi, c'est aussi prendre soin de son entreprise» sont facilement oubliés pendant ces périodes de haute pression.

Eh bien, comment faisons-nous maintenant? 

Il a vraiment fallu toute l'aide de mes proches et pas mal de réflexion pour commencer à reconnaître ce que j'avais accompli.

Profitez de la vie (ne vous sentez pas coupable!)

J'ai dû réapprendre à faire des choses qui me plaisaient, rien que pour moi: lire, me promener au travail, danser le tango… et tout ça sans me sentir coupable (entre nous, c'est le plus dur). 

Célébrez… souvent!

La vie entrepreneuriale est pleine d'obstacles et il est essentiel de maintenir un état d'esprit positif en toutes circonstances. J'ai appris à me féliciter, ainsi que Dominique. Je n'étais pas habitué à ça, et ça me paraissait un peu bizarre et artificiel au départ, mais bon, je m'y suis habitué. Eh bien, soyons réalistes, il est toujours agréable de célébrer de grandes réalisations avec quelques bulles, non?

Être gentil avec moi

Je travaille aussi pour être moins dur avec moi. Ne pas répondre à un e-mail aussi vite que je le souhaitais, ne pas terminer une tâche «d'ici ce soir» n'est pas la fin du monde, après tout!

La routine est bonne, parfois.  

Ne vous méprenez pas: je n’ai pas adopté le bouddhisme ou la méditation profonde, mais certaines habitudes (routines, dirait-on) m'ont grandement aidé à me détendre:

  • 15 minutes d’activité physique ou de yoga le matin (j’aimerais dire tous les matins, mais bon, en effet c’est souvent après que je peux).
  • Une application sexy, appelée «rappel de consommation d'eau», m'aide à rester bien hydratée toute la journée.
  • Séances PBA (Psy Bio Accupressure) m'aidant à me détendre et à remettre de l'ordre dans mes muscles. 
  • Lire quelques pages d'un roman avant le coucher, pour oublier mes nombreuses listes de choses à faire.

Bien sûr, je pourrais encore courir dans toutes les directions de temps en temps, oublier de boire suffisamment d'eau, me sentir stressé par la pression que je m'impose…, mais enfin, de moins en moins. Il me reste une vie pour faire mieux 

Camille Cazin

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