Le blues de la galeriste

Aujourd’hui, je voulais vous partager mon retour d’expérience de jeune entrepreneure après ma première exposition. Les choses positives mais aussi ce qu’on montre moins sur les réseaux sociaux : le stress, les remises en question… Retour sur ce que cela m’a appris en tant que femme et galériste.

 

Quand j’ai parlé d’une exposition à Dominique, je ne minimisais pas le travail.  Je ne surévaluais pas nos capacités et je gérais mes attentes quant au succès de cette aventure.

 

La préparation de l’exposition a pris 9 mois, une vraie grossesse. De l’organisation, au financement, en passant par la communication et les relations publiques. Nous avons tout fait. Nous nous sommes réparties les tâches, avons fait face aux imprévus et nous avons travaillé, encore et encore, pour accoucher de cette exposition.

 

Résultat : une exposition dans un lieu prestigieux, 13 artistes talentueuses, 150 personnes au vernissage, 4 articles de presse, plusieurs ventes et de belles opportunités.

 

Nous pouvions être fières de nous…

Et pourtant, quelques semaines plus tard, la phrase qui trottait dans la tête était : SO WHAT?

Je ne voyais que les choses à améliorer, ne réussissais pas à me réjouir de nos réalisations. Je remettais en cause nos choix d’entreprise, me décourageais devant le chemin qu’il nous faudrait encore parcourir. Pire, je mettais au doute mes choix de vie au complet.

Mais POURQUOI étais-je si pessimiste?

 

Pendant des mois, j’ai été dans l’urgence de tout, et d’un seul coup, tout s’arrête.

 

D’abord, il y a la chute d’adrénaline.

Cette adrénaline qui te fait tenir pendant les mois qui s’intensifient. Celle qui te permet de ne pas t’arrêter malgré les obstacles et la fatigue… Cette nouvelle meilleure amie te lâche du jour au lendemain! Mon corps et ma tête ont dû s’habituer à cette absence.

Ensuite, il y a la notion du temps qui change…

Pendant des mois, j’ai été dans l’urgence de tout :  trouver des réponses aux questions des artistes, penser la communication de l’exposition, me faire connaître de cette personne que je voulais inviter au vernissage. Et d’un seul coup, tout s’arrête et voici les interrogations mises de côté pour pouvoir gérer les urgences qui réapparaissent. Ces interrogations sont saines mais le passage de l’action à l’introspection est délicat.

Enfin, la distinction entre mon entreprise et moi.

Je suis co-fondatrice de Fatale Art, je suis aussi stratège créativité média en publicité, je suis une amie, une amoureuse, une fille et une soeur mais je suis aussi et surtout Camille Cazin, et ça je commençais à l’oublier. Dans ces mois d’effervescence, j’avais oublié de prendre un temps pour me faire plaisir, à moi me nourrir spirituellement autrement qu’à travers Fatale Art ou mon travail.

 

Si l’équilibre est difficile à trouver, il est encore plus difficile à maintenir.

 

Être entrepreneure demande beaucoup d’énergie et de travail, et si l’équilibre est difficile à trouver, il est encore plus difficile à maintenir. Les phrases pleines de bon sens telles que « prendre soin de soi, c’est prendre soin de son entreprise » peuvent facilement s’oublier et se perdre dans la frénésie de la vie entrepreneuriale.

 

Comment on fait concrètement maintenant  ?

Il m’aura donc fallu un entourage bienveillant et une prise de recul pour commencer à apprécier le chemin que j’ai fait.

Se faire plaisir  (et ne pas culpabiliser de le faire) .

J’ai dû réapprendre à faire des choses qui me faisaient plaisir à moi et juste à moi :  lire, marcher pour aller au travail, danser le tango…Et tout ça sans culpabiliser (entre nous, c’est la partie la plus difficile).

Célébrer … tout le temps!

La vie entrepreneuriale est pleine d’obstacles, il faut donc préserver son optimisme. J’ai appris à me féliciter et à féliciter Dominique. N’étant pas habituée à le faire, au départ, ça me paraissait un peu forcé mais l’habitude vient plus vite que prévu. On ne va pas se mentir, c’est toujours agréable de souligner les bons coups avec quelques bulles.

Etre bienveillante envers soi

J’essaie aussi d’être moins dure avec moi-même. Ce n’est pas la fin du monde si je n’ai pas répondu aussi vite que je le voulais à ce courriel ou si je n’ai pas réussi à finir cette tâche pour ce soir.

La routine, c’est parfois bon. 

Sans être devenue bouddha ou une reine de la méditation, certaines routines m’ont aidée à prendre le temps :

  • 15 minutes de sport ou de yoga le matin (j’aimerais dire tous les jours, en réalité c’est aussi souvent que je peux).
  • Une application qui répond au nom sexy de « Rappel de consommation d’eau » m’aide à rester un minimum hydratée.
  • des sessions de PBA (Psy Bio Accupressure) qui m’aident à me détendre et me replacer
  • lire quelques pages d’un roman avant d’aller me coucher pour me permettre d’arrêter de penser à mes innombrables TO DO lists.

 

 

Certes , je risque encore de courir dans tous les sens de temps en temps, oublier de boire de l’eau, stresser pour une pression que je me suis mise moi-même…mais de moins en moins. Il me reste une vie pour faire mieux.

 

Camille Cazin

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