Le blues de la galeriste

Quand j’ai parlé d’une exposition à Dominique, je ne minimisais pas le travail, je ne surévaluais pas nos capacités et je gérais mes attentes quant au succès de cette aventure.
La préparation de l’exposition a pris 9 mois, une vraie grossesse! De l’organisation, au financement, en passant par la communication et les relations publiques! Nous avons tout fait. Nous nous sommes réparties les tâches, avons fait face aux imprévus et nous avons travaillé, encore et encore, pour accoucher de cette exposition!
Résultat : une exposition dans un lieu prestigieux, 13 artistes talentueuses, 150 personnes au vernissage, 4 articles de presse, plusieurs ventes et de belles opportunités de contacts.
Nous pouvions être fières de nous…
Et pourtant, quelques semaines plus tard, la phrase qui trottait dans la tête était : SO WHAT?
Je ne voyais que les choses à améliorer, ne réussissais pas à me réjouir de nos réalisations, et remettais en cause nos choix d’entreprise, me décourageais devant le chemin qu’il nous faudrait encore parcourir! Pire, je mettais au doute mes choix de vie au complet!
Mais POURQUOI étais-je si pessimiste?
D’abord, il y a la chute d’adrénaline!
Cette adrénaline qui te fait tenir pendant les mois qui s’intensifient et qui te permet de ne pas t’arrêter malgré les obstacles et la fatigue… Cette nouvelle meilleure amie pendant des semaines te lâche du jour au lendemain! Mon corps et ma tête ont dû s’habituer a cette absence.
Ensuite, il y a la notion du temps qui change… Pendant des mois, j’ai été dans l’urgence de tout, l’urgence de trouver des réponses aux questions des artistes, l’urgence de penser la communication de l’exposition, l’urgence de me faire connaître de cette personne que je voulais inviter au vernissage! Et d’un seul coup, les urgences se calment et voici toutes les interrogations , que j’avais mises de coté pour pouvoir gérer les urgences, qui réapparaissent! Ces interrogations sont saines mais le passage de l’action à l’introspection est délicat!
Enfin, la distinction entre mon entreprise et moi! Suite à des conversations avec plusieurs amis, je réalisais une chose : si mes amis étaient à l’écoute de mes tribulations intellectuelles, ils finissaient tous par me dire de prendre soin de moi! Ce que je prenais pour de la politesse ou de la bienveillance fût tout simplement la meilleure chose que je pouvais faire. Je suis co-fondatrice de Fatale Art, je suis aussi stratège créativité média en publicité, je suis une amie, une amoureuse, une fille et une soeur mais je suis aussi et surtout Camille Cazin, et ça je commençais à l’oublier. Dans ces mois d’effervescence, j’avais oublié de prendre un temps pour me faire plaisir, à moi, et me nourrir spirituellement autrement qu’a travers Fatale Art ou mon travail!
Être entrepreneure demande beaucoup d’énergie et de travail, et si l’équilibre est difficile à trouver, il est encore plus difficile à maintenir. Les phrases pleines de bon sens telles que « prendre soin de soi, c’est prendre soin de son entreprise » peuvent facilement s’oublier et se perdre dans la frénésie de la vie entrepreneuriale.
Il m’aura donc fallu un entourage bienveillant et une prise de recul pour commencer a apprécier le chemin que j’ai fait et prendre soin de moi pour aller encore plus loin.
Camille Cazin

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