Entre élans créatifs et routine quotidienne… de GE LHEUREUX

« Journal d’artiste » nous emmène dans le quotidien d’une artiste visuelle. Aujourd’hui, bienvenue dans la tête de Ge L’Heureux, artiste multidisciplinaire dont la pratique s’inscrit dans le concept de Slow Art, mouvement revendiquant des valeurs esthétiques écologiques. 

Les défis d’une artiste multidisciplinaire

Une espèce de motivation extrême à plonger tête première dans un projet. Une nouvelle affaire qui apparaît aussi excitante, autant importante que tout ce qui était déjà en cours. Y penser nuit et jour. C’est là, c’est vif.

 

C’est ce qui se passe plus souvent qu’autrement dans la tête de bien des artistes. T’as beau vouloir planifier ton emploi du temps, quand les idées n’en finissent plus de surgir à tout moment, ça devient plus compliqué. Des fois, t’as qu’une seule envie : celle de te consacrer à un projet sur le champ. C’est pas ça qui était prévu, mais ça a l’air que c’est là que t’es productif.

 

Déjà, c’est un combat constant que d’arriver à se construire un horaire équilibré, le moindrement stable, et de conjuguer temps pour sa pratique artistique et travail administratif.

 

Pour le volet admin., je pense aux appels de projets, aux demandes de subventions, aux courriels auxquels il faut répondre, etc. Les appels de projets ou de dossiers, ça peut être pour une multitude de choses, notamment pour les expositions ou les lancements. Pour les plus organisés d’entre nous, on a un beau calendrier dans lequel on écrit les dates limites d’inscription, et on essaie d’appliquer à temps aux différents programmes.

 

Et puis par-dessus tout ça : les invitations spontanées. Un artiste t’invite à collaborer sur un projet vraiment trop inspirant. Ou encore l’organisateur d’un festival t’offre l’occasion rêvée d’exposer ton travail. Tu acceptes. C’est dans une semaine. Ça chamboule tous tes plans, ton beau calendrier. Tu squizes des affaires, t’annules des rendez-vous, des soupers avec des amis. T’as déjà quinze autres projets en cours, mais c’est pas grave. C’est maintenant que ça se passe.

 

Se réveiller la nuit

Ça dresse un peu le portrait. J’en reviens à la frénétique impulsion qui nous prend parfois à vouloir s’imprégner d’un concept. À le repenser encore et encore, le rêver, le vénérer… Une forme, un matériau, un mot, une technique ; qu’importe ce qui nous motive, ça prend tout l’espace.

 

Comment donc en arriver à suivre son instinct tout en demeurant efficace dans la gestion de son horaire ? Je parlais d’équilibre plus haut : depuis près de trois ans comme travailleuse autonome, je dois avoir testé dix horaires différents. Ça en fait, du temps passé à ajuster des p’tites cases dans un agenda.

 

Essayer de faire du yoga chaque semaine quand ça fitte ou se fixer trois séances les lundis, mercredis et vendredis matins? Et tu fais quoi quand la nuit précédente, tu t’es levé à 3h pour gribouiller sur un bout de papier toutes les idées qui ont jaillies en plein sommeil ? Ton yoga matinal, tu le skippes assez vite quand t’as pas assez dormi.  

 

Si tu ne te laisses pas absorber par ces révélations nocturnes, c’est prendre le risque d’oublier l’idée de génie qui t’aurait peut-être mené à la réalisation de ton meilleur poème… Le doute plane : suis-je indisciplinée ou est-ce normal de ne pas s’imposer d’horaire stable en raison de ces épisodes impulsifs ? Je me demande s’il vaut mieux parfois privilégier nos élans créatifs même si ça implique de négliger quelque peu notre santé ou notre vie sociale.  

 

Projets en cours

La dernière chose que j’ai essayée, c’est de me dessiner un grand tableau comportant seize cases, que j’ai collé sur mon mur. J’y note les différents projets sur lesquels je travaille en ce moment, en ordre de priorité. J’essaie de le consulter quotidiennement (ça aussi c’est pas devenu une habitude encore), et ça me ramène à ce qui est le plus important à finir en premier. Alors disons que j’suis pas en train de vivre un épisode de : FAUT-ABSOLUMENT-QUE-J’DESSINE-TELLE-AFFAIRE-PARCE-QUE-J’SUIS-INSPIRÉE, je choisi le projet numéro un sur mon tableau. C’est un peu ça que j’expérimente actuellement. Je vais bien finir par trouver ce qui me convient.

 

Ah, et dernière chose : les vendredis à partir de janvier 2019, j’ai décidé que je travaillerai sur mon livre d’art. Ledit livre que je tente de terminer depuis plus de deux ans. J’ai tout essayé : une heure par jour, quelques séances de trois heures par-ci par-là, m’enfermer deux semaines dans un chalet… Vais-je réussir ? À suivre !

 

Ge L’Heureux  

 

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