Ma première oeuvre : une Vandale de MissMe

Ma première Œuvre d’art : Une Vandale de MissMe

 

La première fois que j’ai vu le travail de MissMe, c’était dans la rue. Une Vandale avec le T-shirt relevé sur un sein qui avait été remplacé par une tête de licorne. J’avais figé, et j’avais pointé l’œuvre à un de mes amis, qui avait lâché un « ouais cool, y en a plein sur la rue St-Laurent ».

 

Moi, j’avais adoré ce regard de défi, cette position ancrée dans le sol. L’humour noir et la puissance que dégageait cette femme nue dans les rues enneigées de Montréal montraient une intelligence qui piquait ma curiosité même si je ne connaissais pas le nom de l’artiste.

 

Cette œuvre, je l’ai prise en photo et les jours qui ont suivi, je lui ai donné beaucoup de significations différentes, mais toutes renvoyaient à la place du corps féminin dans notre société.

 

Quand j’ai découvert le reste du travail de MissMe, je suis tombée en amour. Son travail est explicite sans être violent. Ces icones s’assument. Elles sont inspirantes.

 

Pour moi, Cette vandale, c’était une représentation de la femme forte d’aujourd’hui. Celle de la femme qui a conscience que son corps est objectivé et qui se le réapproprie malgré tout.

 

Les Vandales de MissMe, j’en ai croisées d’autres dans la rue ! Certaines avec des requins, ou des doigts d’honneur à la place du sein. Je souris toujours en les croisant… Une armée disséminée dans les rues, qui lentement mais surement, martèle dans les esprits d’une ville :

MON corps est à MOI et j’en fais ce qui JE veux,

Ma nudité est à moi et elle ne sert ni à exciter ton désir, ni à te vendre quelque chose.

 

La question du corps de la femme et de la manipulation de son image n’est pas nouvelle. Mais j’ai aimé le fait que le monde du street art, via MissMe s’approprie cette question et vienne la soumettre aux passants de manière efficace et accessible, sans autre explication que l’image, laissant place à l’interprétation.

 

Ces Vandales, elles ont beaucoup résonné en moi, parce qu’à l’époque où j’ai découvert le travail de MissMe, je subissais du harcèlement sexuel au travail. Cette Vandale qui me questionnait sur ce que mon corps projetait malgré lui, malgré moi, m’ouvrait une possibilité d’affirmation. Je pense que c’est pour ça que j’ai travaillé si fort pour pouvoir acquérir une des œuvres de MissMe. Ses œuvres m’inspiraient le courage qu’il me manquait parfois dans mon quotidien.

 

J’ai économisé pendant des mois et j’ai fini par acheter une des vandales, elle trône dans mon salon depuis trois ans. Elle veille… Elle ne laisse personne indifférent, certains y voit tout de suite un message féministe, d’autre pas du tout. Les plus petits s’intéressent surtout aux oreilles de Mickey. Les plus grands n’osent pas toujours dire ce qu’ils pensent…Mais au moins, ça leur donne à penser !

 

 

Camille Cazin

Comments

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    février 12, 2018 Répondre

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